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LES APPELES DANS LA GUERRE
BLONDE TU ETAIS UNE PASSIONNANTE HISTOIRE D'AMOUR
claudeartiste
ANCIENS DU 6ème REGIMENT DE CUIRASSIERS ALGERIE 56 / 57 AURES NEMENTCHAS CHERIA SUD CONSTANTINOIS
6ème REGIMENT DE CUIRASSIERS
Maison du roi;
- Garde du dehors;
Les mousquetaires de la garde Organisation en 1646: 1 compagnie, ou 2 compagnies qui se détestent cordialement. Nombre d'hommes (1646): 120 cavaliers par compagnie Capitaine de compagnie: le Roy Officiers: 1 Capitaine-Lieutenant 1 Sous-Lieutenant 1 Enseigne
Sous-Officiers:1 Maréchal des Logiis 2 Brigadiers Il faut toutefois remarquer que ces chiffres ne comprennent pas les 44 officiers et sous-officiers, les 6 tambours, les 4 hautbois, l'apothicaire, les 9 chirurgiens, etc., qui gonflaient l'effectif de chacune des deux compagnies; et celles-ci, en temps de guerre, s'accroissaient d'un nombre considérable de gentilshommes volontaires. Présentation Armement mousquets à mèche (plus tard à rouet), pistolet et rapière Qui ne connaît pas ces magnifiques cavaliers nés sous le règne de Louis XIII ? C'est en dotant de mousquets une compagnie de carabins que ce roi créa, en 1622, la première compagnie de mousquetaires. Il s'en proclama le capitaine et s'adjoignit, un capitaine-lieutenant (le célèbre M. de Troisvilles ou de Tréville). La compagnie comprenait 100 mousquetaires. Cette compagnie fut licenciée en 1646. Cette éclipse était due à la haine de Mazarin, qui profita de la mort du roi pour se venger ainsi des turbulents gardes. Il ne les reconstitua en 1657 que pour placer son neveu Philippe, duc de Nevers, à leur tête. Elle renaît alors forte de150 hommes. Une autre compagnie ayant été créée pour la garde du cardinal de Richelieu et par la suite pour celle du cardinal Mazarin: ce sont les fameux "Gardes du cardinal", (frères) ennemis mortels des mousquetaires du roi dans les romans d'Alexandre Dumas. La mort de Mazarin, en 1660, la fit passer, sous le nom de 2ème compagnie de mousquetaires, dans la maison du roi. Licenciée en 1664 et aussitôt réorganisée selon le même schéma que la première compagnie, elle eut, dès janvier de l'année suivante, le roi Louis XIV en personne pour capitaine (le roi était également capitaine de la première compagnie).
DESTIN Le courrier vient d'arriver, je n'ai qu'une lettre et c'est celle de mes parents, qui m'expliquent comment ils ont du prendre la décision, de renvoyer, celle qu'ils avaient accueillie comme leur belle fille et qui trahissait leur confiance. Depuis que nous sommes là, les photos sur les tables de nuit ( en caisses à oranges ) disparaissent les unes après les autres. C'est à mon tour de sortir cette magnifique image de son cadre, d'en faire des menus morceaux à mettre à la poubelle. C'était le vent du désert qui soufflait sur mon coeur, le même qui en ce moment rendait l'atmosphère irrespirable. Je sors pensant calmer ma douleur, et mais c'est difficile, l'air est chaud et étouffant, je vais au mirador, et là bas aux confins du plateau je vois une colonne noire qui monte vers le ciel. Elle se déplace lentement, c'est une sorte de tourbillon géant qui avance inexorablement. Je retourne à la chambrée me mettre à l'abri,et soudain c'est l'évènement. Le nuage de poussières entre par tous les orifices, et tourbillonne dans la chambrée, on est étouffé, ne on ne peut plus respirer, une seule solution est de s'acroupir, de saisir le cheich qui était, encore une chance à portée de la main, et de ce fait, se protéger les yeux et pouvoir un peu respirer à travers le tissu, c'est le véritable vent du désert qui passe chargé de toutes le poussières et du sable recueillis sur son passage La porte a été arrachée de ses gonds, la poubelle a été soufflée , son contenu éparpillé et mes lambeaux de papier sont partis en emportant mes derniers souvenirs. Me voilà seul et d'une façon tout à fait inattendue. Suivant les explications des personnes l'avaient vue, mal se tenir avec un petit voyou bien connu pour sa paresse et mêlé à des histoires louches. Sérénades et mandoline, je comprends alors pourquoi dans une de ses dernières lettres, Nicole faisait tant d'éloges au sujet d'une chanson en vogue sur le thème du bambino. Mes parents après vérifications des faits ont dû prendre la décision pénible de la laisser mener sa vie comme elle l'entendait et donc de la prier de quitter notre famille. Même si ça m'est difficile, je ne peux qu'approuver leur décision, qui est de me protéger. Du reste son aventure n'a pas été bien loin, dans des petites villes tout se sait rapidement..Deux jolies filles qui dans un hôtel borgne, vendent du plaisir à leurs clients ne pouvaient pas espérer faire une longue carrière dans la prostitution.La police a fait le necessaire. Je suis donc désormais, seul, lamentablement seul et si loin de chez moi LA COUPURE DE PRESSE COMME PREUVE
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Le Mardi 30 Août 2011Poster un commentaire
LA MUSULMANE Il est 14 h, une route étroite monte en pente douce vers la ville qu'on aperçoit le bas.
HAMAR
Tags associés : Algerie
Le Dimanche 01 er Mai 2011Poster un commentaire
Un hélico vient de se poser sur le terre- plein derrière la tour, possible qu'il ait déposé un sac de courrier Plus personne ne travaille, il y a effectivement du courrier, alors tout le monde tourne en rond, Le vago ( vaguemestre ) est parti conduire le courrier officiel, celui des officiers, celui des sous officiers et ensuite ce sera l'appel des noms des hommes. Toutes les conversations sont basées sur cette attente. du genre < Cela fait un mois que je n'ai pas de nouvelles de ma petite chérie, tu crois que je vais en avoir > < probablement, tu sais bien qu'il n'y a pas de convoi quand il y a des opérations dans le secteur, et que les hélicos ont d'autres missions > Voilà il l'a sa lettre!!!, et pour moi, j'ai été appelé sept fois, elle m'a écrit tous les jours et elles viennent d'arriver en paquet. De belles enveloppes longues portant au verso le code des amoureux MBBSTBA mille baisers sur ta bouche adorée, ornées d'une splendide empreinte de lèvres, très joli décor pour une lettre, mais quand on en voit passer sept, les copains commencent à charrier, assez moqueurs, surtout ceux qui n'ont pas de courrier. Les autres partent chacun dans leur coin avec leur trésor sur leur coeur Je rentre à la piaule pour au moins lire une lettre, et ranger les autres en attendant de pouvoir les ouvrir toutes. C'est écrit sur du papier fin et en double copie, donc cela représente Huit pages de témoignages d'amour, d'érotisme et d'évocations de nos merveilleux moments d'abandon. Celui qui attendait sa lettre, est assis sur son lit, le regard fixé sur la photo de sa belle, et d'un geste vengeur il la déchire et les morceaux jetés à la poubelle. C'est la rupture, le temps qui passe, l'ennui, la lassitude, les tentations du monde qui continue à vivre, et l'abandon du petit soldat des djebels. Sur les caisses à oranges qui servent de table de nuit, il y a dans un cadre la photo de la belle qui attend le retour de son compagnon. Je réponds dès que cela m'est possible mais globalement car lettre après lettre ce serait la même prose. J'épanche du mieux possible le manque d'amour provoqué par la séparation et ma tendresse se mèle à la sienne et la rejoint en pensées voluptueuses par delà l'océan Les empreintes de lèvres au rouge sur mes enveloppes ont donné des idées à certains de mes compagnons d'armes. Ne sachant pas écrire on m'a demandé de faire des lettres pour envoyer à la petite qui attendait au Pays, le retour de l'aimé. J'ai accepté en employant les mêmes termes que ceux de mes propres lettres. A la lecture ils en ajoutaient et cela devenait de véritables appels des corps martyrisés par ce manque d'amour. Quand la réponse arrivait, elle était souvent une communion totale d'un couple séparé, mais dont les pulsions s'exprimaient par des mots simples et crus. Il me semblait que je recevais un peu moins de lettres, ce qui se comprenait car le sujet s'épuisait, Mais ce qui attira mon attention est que je trouvais certaines expressions que nous n'avions pas eu l'habitude d'employer, et quand il s'agit d'amour ou de caresses cela provoque une interrogation, une angoisse et l'installation de doute. Je n'en faisais pas état dans mes réponses mais je me sentais assez gêné de lire des choses qui me semblaient écrites pour un autre.
Tags associés : Amour
Le Jeudi 06 Janvier 2011Poster un commentaire
ADAPTATION A MA NOUVELLE VIE
marché de Cheria
la place de Cheria avec le puits on distingue au fond un poste de garde ( occupé même dans la journée )
Je dépose ma carte dans la boite aux lettres, mais je ne sais pas quand elle partira. Car c'est en fonction des transports. Le courrier part lors des convois pour Tebessa et ce n'est pas régulier, car c'est en fonction des besoins, ça nécessite la reconnaissance du terrain, l'ouverture de col, la surveillance jusqu'au retour. C'est arrivé que les maquisards avaient monté une embuscade afin d'anéantir le groupe chargé de cette ouverture, les services du renseignement ayant été prévenus et c'est une opération qui a été montée afin de déjouer ce piège. Le courrier part et arrive également quand il y a une liaison par hélicoptère. A côté de la boite il y a une liste de noms et j'y vois le mien, c'est pour la garde de la nuit prochaine, je lis < au mirador de 20h à 22h >, on est de garde deux heures toutes les deux nuits pour un des trois postes : la tour, le mirador ou l'entrée, c'est par rotation de postes et d'horaires, les meilleujrs étant le premier et le dernier, c'est à dire de 18h à 20 h et de 4h à 6h, il y a un poste aussi surveillant la rue au bâtiment des transmissions mais celui là ce sont les gars des trans qui l'assurent. Il faut fournir ausi par alternance avec les autres unités un poste de garde sur la terrasse de la gendarmerie et un pour la SAS ( service des affaires spéciales ) Je sors du bâtiment, à ma droite c'est la sortie vers le village avec un poste de garde qui surveille la rue, en le longeant et donc à l'arrière il y a cette tour avec un étage, elle est destinée à la surveillance de la plaine en face et un mur en construction vient renforcer le réseau de fils barbelés. Je vois ce mirador au dessus des toits de ces habitations réquisitionnées qui sont devenus ce cantonnement. Au lieu de prendre la rue pour me rendre au P.C je prends par une série de cours qui débouchent sur le mess, bar des sous of, les cuisines, l'infirmerie et enfin j'arrive par ce dédale à l'école coranique où sont installés les services du commandement; Un porche et l'on débouche dans une cour dallée et autour en rectangle, les maisons occupées par le colonel commandant le secteur, le mess des officiers, le service psychologique, le service du renseignement et enfin le secrétariat où je me présente. Un adjudant que ce connaissais déjà à ce poste était responsable de ce bureau où je me présentais, le personnel était composé d'un bricard chef( brigadier chef) d'un secrétaire, et d'un dactylo. J'étais donc le troisième et l'on me confia le courrier à enregistrer. les copains du PC à agauche Bouch.... moi et le bricart chef Lev.. Le troisième Cout.. n'est pas avec nous, il est assez spécial et j'ai l'impression que mon arrivée dans ce cercle d'amis lui a provoqué un peu de jalousie, il est relativement piquant dans un humour à retardement et avec moi ça passe mal. Il a un défaut de langage et peut être qu'il se doute que l'on en rit derrière son dos. Il n'arrive pas à prononcer les noms correctement, je suis Friscot au lieu de Fricot, Level est Levegue et Bouchez est Bouley, mais à part ça c'est un garçon sérieux, du reste il ne vient que pour taper le courrier,et repart à une autre tâche ensuite. C'est pareil pour moi, après mon travail à ce bureau, je dois aller me mettre à la disposition du Lieutenant médecin. Dans la cour il y a aussi Delb... le secrétaire du lieutenant du service de renseignements qui vient discuter avec nous dans les moments de pause. Il y a aussi Toch... un fils de colon qui vient pour les interrogatoires comme interprête et < le grand > ordonnance et cuisinier du colonel, sans oublier < barbu > le petit chien batardé Fox qui a sa place dans le bar du mess officiers, mais également dans le lit du grand et il ne fait pas de difference avec celui du colon le grand à la porte du mess/bar des officiers Officiers, sous officiers et la troupe se servent à la même cuisine. La difference est que pour le mess officiers comme pour celui des sous officiers, ils ont à leur disposition un cuisinier qui va chercher les rations ( bien sûr que les cuistots vont leur donner les meilleurs morceaux ) et ils sont arrangés ensuite et améliorés, avec les cotisations de ces bénéficiaires. Pour la troupe si l'on veut on peut cotiser également pour une portion de lapin que des copains cuisinent à la piaule et que l'on se partage. Question enregistrement du courrier, ça n'a pas traîné. Le secrétaire m'a passé le registre, mais ma méthode de travail ne lui convenait pas. Employé de banque, il s'appliquait avec de belles accolades, des passages soulignés à la règle, il a donc repris son cahier fissa et l'on m'a confié une autre tâche. Interessante, mais avec une certaine responsabilité. Je recevais du matin la consommation carburants et huiles des escadrons et postes de la responsabilité du secteur, ce qui représentait une dizaine de messages, il s'agissait de mettre à jour les quantités de leurs réserves, de centraliser dans un message global, que je portais aux< trans > à passer pour le SAT ( le secteur autonome de Tébessa ) Rsponsabilité car s'il fallait organiser un convoi, avec escorte et ouverture de route, pour ravitailler un poste en carburant Hélico, alors que le cuve était pleine et que c'est celle pour le carburant chars qui en avait besoin, ça aurait posé de sérieux problèmes. Cette tâche terminée je devais rejoindre l'infirmerie pour seconder le médecin, mais avant, j'avais le temps de faire un tour dans le village, j'achetais à un étal une succulente galette au miel à 0.50 Fr et je rentrais au café maure déguster un excellent cawa à 0.50 Fr, j'achetais un paquet de cigarettes tunisiennes des < surfines > à 0.70 fr. Je n'appréciais pas trop les cigarettes fabriquées en Algérie, Mélia ou Bastos que je trouvais trop acres
SERVICE DU TOUBIB
La mechta où est installée l'infirmerie est bâtie autour d'une cour, on y pénêtre par une porte basse et de suite à gauche dans ce bâtiment il y a quelques lits superposés pour des malades et des blessés légers,la construction en longueur possède plusieurs pièces séparées, logement des deux médecins, celui du 6ème cuir et celui du RIA, la pièce pour la consultation et pour l'administration et enfin une pièce pour les soins par les infirmiers et le couchage de celui de permanence. C'est un infirmier de la SIM (section infirmiers militaires ) qui possède son diplôme du CADUCEE, un Normand, ancien ouvrier agricole qui s'était engagé dans les paras ( bien qu'il prétende qu'il y a été appelé, ce que je ne crois pas ) toujours est-il qu'il a refusé de sauter. Quand ça arrive, ce sont des brimades constantes et si la situation n'évolue pas, ils sont virés des paras, et c'est comme ça qu'il s'est retrouvé à la section infirmiers et a du travailler afin d'obtenir ses diplômes et a été affecté dans ce service. Je suis donc là pour seconder le médecin des Cuirs et j'ai un collègue Trec.. qui est de l'infanterie alpine pour le secrétariat du médecin de cette unité.
avec mon ami Trec...le secrétaire du RIA
le béret n'est pas à moi, c'est un vert d'un légionnaire parachutiste blessé, une astuce que je ne connaissais pas, essaye si ça te va bien pour prendre une photo,
le résultat est qu'il faut payer une tournée
Les médecins sont des lieutenants qui doivent effectuer 15 ans dans l'armée, car leurs études ont été payées dans ces conditions, il devraient rembouser s'ils quittaient, ils sont donc là par obligation.
LE MIRADOR
Après le repas, je m'allonge sur mon lit tout habillé, puisque je suis de garde à 20 heures, je me plonge dans mes pensées et je suis près d'elle, je sens son parfum, sa peau si douce, ses migons
seins qui me font tant d'effet, à admirer, à caresser , et ses lèvres pulpeuses qui délivrent des baisers torrides. Je contemple sa photo et je pense à tout ces moments merveilleux que nous avons vécus. Il est l'heure, par les cours et les ruelles j'arrive à ce poste de garde. C'est une plate forme avec quatre côtés et un toit, et on y accède par une échelle. Je me trouve donc au dessus
du poste devant moi au loin le djebel, je domine le garage de réparation des véhicule du RIA qui donne 500 m plus loin sur les mechtas, un goupe de maison occupé par le commando
d'intervention de ce régiment, et sur ma gauche, j'ai vue sur la tour qui contrôle la façade Nord.
En fait ce poste de garde ne sert pas à grand chose, puisque le RIA aux mechtas a ses sentinelles, pareil pour la tour, la garde à l'entrée du cantonnement et celle des TRANS
Vers le Sud, il y a la SAS ( service des affaires spéciales ) où deux sentinelles veillent, une sur le devant par un supplétif et un de chez nous dans une tour sur le derrière, qui surveille la campagne.Les tours de garde sont en décalé, quand le Moghazeni rejoint son logement pour qu'un de ses collègues aille le remplacer, le garde de la tour sud a encore une heure à veiller. Plus loin il y a la compagnie du RIA qui a ses sentinelles, au sud Ouest le premier escadron de Cuirs a les siennes, pas très loin un soldat veille sur la terrasse de la gendarmerie et pour finir, il y a la garde chez le GRPR ( groupement mobile de police rurale ) genre de harka et sur la terrasse du troisième étage de la gendarmerie, le seul immeuble du village, un poste de garde fourni par rotation des differentes unités, car les gendarmes étant sous officiers ne prennent pas la garde.
,En hauteur comme ça et bien protégé par un renfort de sacs de sable, abrité par un toit, il n'y a qu'à écouter les bruits de la nuit, on peut même fumer une cigarette, en position accroupie et en la tenant dans le creux de la main.
La protection par les sacs de sable est efficace, car une balle arrive en vrille et en pénétrant dans le sable ou la terre, elle s'arrète sans le percer de part en part, ça évite également les éclats, de grenades, d'obus. Pendant la guerre des monuments comme des cathédrales étaient protégés par ces murailles de sacs.
Rien à signaler, la nuit est calme à part les aboiements des chiens dans le village, car contrairement à ce que l'on dit : les chiens aboient et la caravane passe. Ici c'est le contraire, quand on n'entend pas les chiens, il faut s'attendre à un harcèlement de poste, c'est qu'il y a une bande de HLL ( hors la loi ) qui transitent de la frontière Tunisienne ( qui n'est pas loin ) vers les Aurès.
CHERIA LA GENDARMERIE ATTAQUE DE NUIT
Cheria la gendarmerie, sur la terrasse un poste de garde la nuit Tout était calme, je contemplais le village endormi, par ci par là un chien aboyaitSoudain, plusieurs détonations Les rebelles tiraient à l’arme automatique, je ripostais dans la direction des départs de feux La garde est montée en renfort, ainsi que les gendarmes sortis de leur sommeil J’ai vu une grande flamme devant mes yeux Et senti des petits bouts de ciment du sol en cliquetis sur mon casque lourd C’était ma première attaque, je ne comprenais pas, pensant à une grenade. C’était une balle, du fusil mitrailleur d’un gendarme, qui était partie Par défaut de la procédure de sécurité de son arme. Tout s'est calmé et le silence est revenu. A la fin, le chef de poste est venu constater, il y avait une excavation Dans le ciment à 20 cm de mes pieds J’ai échappé à la mort cette nuit là La garde se prenait alternativement par toutes les unitiés stationnées à Cheria, car les gendarmes étaient peu nombreux, ils y résidaient avec leur famille, étant sous officiers, ne prenaient pas ces obligations. L'hiver le couvre feux étant à 18 h, le premier tour se prenait à 20 heures, c'est un camion qui dans la nuit nous conduisait, on ne voyait pas grand chose, ce n'est que virages et changements de vitesses qui pouvaient nous renseigner, car le douar était désert. Le camion s'arrêtait devant la grille, nous descendions et il repartait. Le chef de poste sonnait, Pas de lits, le couchage des nattes, comme oreiller un sac de sable, je n'avais jamais expérimenté ce genre de choses. Cela isole du sol et du froid du carrelage, ce n'est pas confortable mais acceptable. Pour prendre mon poste de 22h à 24, on devait monter à l'étage supérieur, et par une petite porte pénétrer sur la terrasse. On dominait le village endormi et comme il faisait très froid, je recevais un peu de chaleur qui montait par les cheminées des appartements des gendarmes. C'était du chauffage au bois, et on entendait les conversations, sans comprendre, mais ça tient compagnie, on se sent moins seul. Plus de bruit la soirée prend fin alors il ne me reste plus qu'à faire les cent pas , le tour de la terrasse et voir que tout est calme. Les chiens aboient, c'est un signe. Normalement on dit: les chiens aboient la caravane passe. Ici c'est le contraire, quand il se prépare une attaque, un harcèlement, j parce qu'un groupe rebelle doit passer pour gagner la montagne, la nuit est étrangement pesante, pas un bruit, pas un aboiement. Je peux rentrer à l'intérieur pour avoir moins froid et attendre que le temps passe. Il y a des sacs de sable installés dans un coin de ce palier, je ne suis donc pas le premier à utiliser cette banquette improvisée. Ce qu'il faut c'est ne pas s'endormir, si quelqu'un montait pour vérifier, il fallait l'entendre arriver et sortir reprendre la surveillance. En aspirant une bouffée de la cigarette, ça fait rougir le bout et ça permet assez de lumière pour consulter la montre, le temps ne passe pas vite quand on est seul éveillé dans la nuit. C'est avec soulagement que l'on entend monter celui qui vient remplacer, il arrive encore tout embué de sommeil, les consignes sont vite passées, tout est calme R A S, je peux descendre cet escalier afin de retrouver la chambrée où tout le monde dort. Voilà ma natte, j'y avais laissé mon sac et une couverture. On ne peut pas dire que c'est confortable, mais ça isole bien du froid du carrelage, et le sac de sable pour oreiller, c'est dur et pas maléable Pour s'endormir par contre, impossible avec les pieds aussi glacés. La meilleure solution est d'enlever le gilet de peau de mouton et d'en entourer les pieds. Au bout d'un certain temps la chaleur s'installe, on peut alors le remettre sur soi et s'endormir pour le reste de la nuit. A condition que sur la trentaine de postes de garde, il n'y ait pas une sentinelle qui décide pour s'amuser de tirer, car ça peut déclencher un tir général de toutes les autres. Sur quoi ? sur rien. Le bruit d'un galop de cheval dans la nuit suffit. Le matin à 6 heures le camion vient nous chercher, et c'est par les rues désertes que nous traversons le douar pour rejoindre notre cantonnement, ballotés lors de ces nombreux virages au rythme de ces multiples changements de vitesses, il faut néanmoins ce tenir prèt à gicler et à riposter, au cas ou à la sortie d'un virage on aurait essuyé des coups de feu ou un jet de grenade. Mais tout s'est bien passé, une nouvelle journée commence
LA S.A.S Section Administrative Spécialisée
Ce Bordj tout blanc habritait la SAS
Le Samedi 11 Décembre 2010Poster un commentaire
NOUS SOMMES PARTIS Nous sommes partis et ça roule bien sur cette route en bon état, mais ensuite on la quitte pour prendre celle qui va nous conduire à destination. Une agglomération s'annonce par son panneau: Youks les bains , nous roulons entre deux rangées d'arbres, on se croirait en Normandie, c'est vert et accueillant. Ensuite le paysage change, la route se rétrécit et le décor c'est , des cailloux et des rochers, ça commence à monter, et ensuite les virages se succèdent , nous sommes dans le col, ce passage entre deux sommets, d'un côté c'est la roche dont on ne voit pas le sommet, de l'autre le précipice. Dans un virage, le camion doit s'y prendre en deux fois pour tourner . Je pense que si on se faisait allumer, il n'y a pas beaucoup de solution, il ne faut pas se coucher sous les camions, car touchés ça explose et ça flambe, pas de possibilités du côté du précipice, une seule chose possible faire corps avec la roche de la paroi.Il faut se dire que les hommes de l'ouverture du col, veillent aux endroits stratégiques, et qu'un piper surveille dans le ciel, mais c'est très impressionnant PEUR MOI JAMAIS
lentement, sur une route en lacets. Les véhicules sont à la limite de caler leur moteur, nous sommes dans la montée de ce col, si dangereux. D'un côté la roche abrupte qui domine, de l'autre le ravin. Il n'y a que les bruits de ces engins poussifs, et pour la nature, c'est le silence le plus total, pas un souffle de vent, pas un cri d'oiseau, que du soleil implacable. Que le silence et la certitude que des yeux nous regardent, dissimulés derrière des rochers. Je surveillais les hauteurs, mon arme approvisionnée, pointée vers un éventuel agresseur, le doigt sur la détente. Mais la peur au ventre, la poitrine serrée, la sueur qui ruissele, la tête pleine de visions d'horreur. Panique incontrôlable en pensant au sort qui pouvait m'être réservé, comme celui de la dernière patrouille. Les corps avaient été retrouvés, égorgés, le crâne éclaté à coups de pioche, émasculés et le sexe enfoncé dans la bouche. C'est ça aussi la peur, de ce qui peut arriver. Le dernier blindé qui fermait le convoi, tourelle pivotante, mitrailleuse orientée, vient de franchir, la dernière montée. Nous sommes passés, il ne s'est rien produit. La peur lâche sa prise. La sueur se sèche. Les mains ne sont plus moites. Les jambes ne tremblent plus. La tête se vide, et l'on pense à autre chose, au pays par exemple, où il fait bon vivre, et où des êtres qui nous aiment nous attendent. Les conversations reprennent, les bravaches se déchaînent en plaisanteries obscènes. PEUR ????????????? Moi, non, jamais. Pas besoin de voir des films, superbement expliqués, pour comprendre ce qui se passait dans la tête de ceux qui recevaient, l'ordre < en avant >. Que ce soit dans les tranchées, sur les plages de débarquement, dans les rizières, la jungle ou les djebels. Alors ne me faites pas rire, avec de belles envolées lyriques. La peur n'est pas que pour les couards. Tout le monde la connaît un jour. Et a du la subir.
Après le col c'est un plateau entouré de djebels à l'horizon, il y a une piste, mais les véhicules roulent de front puisqu'il n'y a pas d'obstacle, et ça évite la poussière. Il y a aussi l'envie de rentrer, l'équipe de la sécurité du col suit ayant terminé sa mission, le soir tombe , la montagne va s'enfoncer dans la nuit mais sera un refuge pour des hommes déterminés à en reprendre possession,les ( Fell ) sont chez eux . On arrive des maisons basses noyées sous la pluie, des barbelés, de la boue. Notre camion s'arrête, allez giclez, et alors là comme comité d'accueil, un farfelu appuyé sur une canne le chapeau déformé, dégoulinant de pluie, la bouche pincée crachant son venin. < Z'allez en chi.. les bleus, ici faut aller aux chiot....avec son fusil >. Le vrai sale type, tout juste 6 à 8 mois de service. Je lui aurais bien fichu mon paquetage en pleine gueu.., mais ce n'est pas la quart d'heure, dire qu'il va falloir cohabiter avec ce genre de larve. Une chose primordiale pour l'instant, se mettre au sec, et dormir . C'est à l'ECS ( escadron de commandement et services ) que je suis affecté,Je rejoins mon cantonnement en suivant des peties rues, qui d'un côté font partie du poste, de l'autre ce sont les murs extérieurs des mechtas qui sont habitées. Le haut est garni de barbelés en tortillons et je vois briller sous la pluie des tessons de verre, qui sont là pour que l'on ne puisse pas escalader. Nous arivons enfin au bâtiment où sont logés ces cuirassiers, qui sont en principe à part ceux des services, le peloton porté. C'est pour l'escorte, la sécurité du commandement, également pour les ouvertures de cols et de pistes. Ces hommes participent également aux opérations pour les bouclages et la recherche des troupes de l'ALN ( armée de libération nationale ) que la France combat dans sa détermination de conserver l'Algérie française J'ai emprunté sur le site de Cheria dans lequel je communique cette image, le silo existe toujours Le bâtiment est spacieux, mais pas beaucoup de lumière, les lits sont côte à côte . Une allée centrale avec une grande table et deux bancs de bois complètent le décor, remarquable, un immense poêle en plein milieu. Le Bricart ( brigadier) de service m'indique mon emplacement, assez éloigné de la porte d'entrée, ce qui évite les courants d'air lors des multiples entrées et sorties, mon couchage: un lit Picot ( ce genre de brancard sans poignées, une couverture, un sac à viande ( c'est un drap cousu jusqu'à moitié genre sac de couchage, une paillasse qu'il faut remplir de paille et l'installation avance. Pas de traversin, mon sac au dos va en faire office, pas d'oreiller, alors le gilet de peu de mouton va être utile. Sous le lit, je mets mon sac marin, ma valise, mon casque, au mur, un clou bien placé, pour accrocher mon fusil et je peux enfin goûter un repos bien mérité Je fais connaissance avec mes proches voisins, car je ne connais plus grand monde depuis dix huit mois que j'étais détaché à l'Etat Major il y a eu de multiples changements, de Quatre escadrons qui composaient le régiment, c'est passé à six ou sept, en tant que bataillon de marche du 6éme cuirassiers et c'est éclaté dans autant de sites differents éloignés de 40 à 60 kilomètres de montagne ou de désert. Ces nouveaux amis me font cadeau d'une caisse à orange vide, c'est très pratique et ils en ont tous une. C'est une parfaite table de nuit, car redressée et installée on pose sur cette tablette, une photo, ou un transistor, une séparation en son milieu en fait deux compartiments pour ranger ses affaires de toilette, des livres ou même des sous vêtements, tout menus objets, il y en a même qui ont installé un petit rideau et c'est devenu une véritable armoire de rangement. J'installe sur la tablette la photo de ma tendre amie, qui provoque de suite un attroupement admiratif et intéressé et des allusions assez équivoques, à la limite salaces. Pourtant sur chaque caisse table de nuit, il y a une photo, de fiancée, de petite amie ou même d'image découpée dans un magazine et installée dans un cadre, mais c'est un fait que des cheveux longs et blonds comme les blés mûrs attirent l'oeil de ces jeunes hommes, privés de douceurs de caresses et de sexe. On voit mieux car la lumière vient d'arriver, tremblotante et pâle, le courant est fourni par des groupes électrogènes qui fontionnent au gaz oil et ça me fait penser à chez mes grand parents quand ils s'éclairaient à la lampe à pétrole, mais peu importe puisque je vais dormir, j'enverrai demain chez moi une carte que je suis bien arrivé et pour donner mon adresse afin de pouvoir recevoir du courrier. Ces cartes nous sont distibuées lors des cantonnements, à Marseille, à Bone, a Tebessa et à Cheria, c'est pour prévenir nos familles de notre situation. C'est avec un timbre FP ( franchise postale ). Bonne nuit les gars. Oui si on n'est pas attaqué !! Ah comment ça?, j'espère bien que non . La nuit s'est bien passée, je dois me présenter au P.C (poste de commandement ) pour 8 heures, j'ai donc le temps après le petit déjeuner que j'ai été chercher à la cuisine ( café, pain, sardines et barre de chocolat ), et après la toilette, de rédiger cette carte, en donnant mon adresse, pour que l'on puisse m'écrire. L'adresse c'est: nom prénom et un secteur postal qui est S.P. 86.392 AFN, c'est tout.
Tags associés : Cheria
Le Mardi 16 Novembre 2010Poster un commentaire
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