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Souvenirs, émotions, la vie et ses aléas, ses joies ses peines

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ALGERIE

 

                                                                       

  LA    MUSULMANE

                                                              Il est 14 h, une route étroite monte en pente douce vers la ville qu'on aperçoit le bas.
    C'es l'Algérie, en plein été 40 à l'ombre, mais pas d'ombre.
    Le chemin est désert, d'un côté une plantation anarchique de cactus géants, de la hauteur d'un homme, de l'autre, du sable,des cailloux,de la pierre, de la poussière ocre
    Le soleil inonde ce chemin, la chemise colle à la peau, les gouttes de sueur ruissellent.
    Chaleur écrasante, pas un nuage, aucun bruit que celui des criquets.
    Deux soldats avancent, traînant les pieds, moi derrière je progresse encore plus nonchalant.
    Soudain descendant ce chemin, un homme marche d'un bon pas, derrière à distance  respectueuse comme le veut la coutume, une silhouette, tout de blanc vêtue, voilée, marche d'un pas léger.
    Mes deux compagnons, forts de leur bêtise, lancent quelques quolibets, de mâles en manque, et s'éloignent.
    L'homme me croise en m'ignorant.
    Et là, un sentiment jamais rencontré me saisit.
    D'elle, je ne voyais que ses yeux
    Des yeux qui sont toujours magnifiques, car seules possibilités de l'expression de la beauté!  Ils sont maquillés et expriment à eux seuls, des sentiments, des désirs, ou même le reflet de l'âme.
    Nos regards se sont fondus, sans pouvoir se détacher.
    Ni elle, ni moi, n'avons ni pu, ni voulu, rompre ce contact.
    C'était du reste impossible, une osmose totale.
    Il y avait pénétration, acceptation, retour, insistance et affirmation.
    Juste à ma hauteur, une fine main, belle comme celle d'un ange, au poignet délicat, cerclé de bracelets ciselés, et finement travaillés.
    A écarté d'un geste élégant; Ce voile qui cachait un visage d'une sublime beauté.
    Et un magnifique sourire m'a été offert.
    Un sourire chaleureux, heureux de me faire ce plaisir, un sourire qui n'avait rien de méprisant, mais au contraire, tout en douceur, et en accord avec ses yeux.
    Puis le voile s'est refermé.
    Qu'a-t-elle, voulu me dire ?
    Depuis que j'y pense, je l'ai interprété de mille façons
    Mais la plus logique est,  je pense:
    Tu veux me voir? Tiens regarde
    Vois, comme je suis jolie.
    Regarde et souviens-t-en, toute ta vie.
    C'est la seule explication, car depuis, je n'ai jamais oublié.
    Pourquoi, m'a-t-elle fait ce don gracieux, gratuit et charmant ?
    Qui était-elle? Qu’est-elle devenue, ou est-elle, que fait-elle?
                                     Mystère

 

                                                       HAMAR

                           

                       


C'est tout à fait normal que l'on aime son pays natal, mais pour moi c'est un autre sentiment puisque j'en suis étranger.
Quand on arrive dans un pays que l'on ne connaît pas, on découvre:
un environnement différent
Des coutumes différentes et des gens que l'on considère comme hostiles ( cause de guerre d'indépendance >
puisqu'ils sont impliqués ( partisans ou non )
( volontaires ou obligés )
risquant leur vie de toutes façons quoi qu'ils fassent
Ils sont otages d'un côté comme de l'autre
< si tu ne parles pas > tu risques de mourir
< si tu parles > ce sont tes frères qui te tueront >
Alors quand on comprend ça, on est à plaindre ce peuple qui souffre
Et on comprend mieux les choses
On s'adapte aux circonstances
On vit au milieu des gens
On s'arrange pour que la vie ne soit pas trop difficile en participant dans la mesure de ses possibilités
On se fait des amis ( Hamar ) qui m'offrait le café le matin à la garde
Il demandait si on n'avait pas du linge à laver
Dans ces cas là, c'était sa mère et ses soeurs qui le faisaient
On le payait en boite de conserves, sardines et autres.
Alors Hamar était-il < un traître à son pays ? >
Non pas du tout
Car les boites de conserves, ce n'était pas pour lui, elles partaient dans des musettes aux maquis.
Comme les cachets qu'il me demandait parce qu'il avait mal à la tête
< mais il avait souvent mal à la tête >
Alors je suis retourné chercher un verre d'eau et un cachet et j'ai dit
tiens Hamar bois ça va te faire du bien.
Il a saisi que j'avais compris.
Alors était-il un traître vis à vis de moi ?
Non, car il n'avait pas d'autre solution que d'obéir aux ordres pour la sécurité de sa famille et de sa propre sécurité.
On vit alors dans ce village et avec ses habitants
La galette au miel que l'on mange tous les matins 0.10 centimes de francs de l'époque
Le cawa bu au café maure 0.10 centimes également
Un paquet de cigarettes tunisiennes valait 70 cm pour vous donner une idée
Les oeufs frites que l'on allait manger ( cause un peu saturé de manger du mouton )
Et donc la vie dans le village continuait
Avec < les séries de piqûres que l'on allait faire dans les mechtas >
Les soins que l'on donnait
< trois femmes qui étaient brûlées à cause d'une explosion d'un réchaud à alcool .
Que nous allions chercher avec l'ambulance
Car il n'était pas question qu'elles traversent le village < la coutume l'interdisait >


Ensuite les promenades dans le village, dans le bois
Les courses avec les tortues d'eau au bord de l'oued

Le match de football entre les jeunes du village et les militaires.

Voilà comment on arrive à aimer un village où l'on y vit pendant un an, et les gens qui y habitent


 

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