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Souvenirs, émotions, la vie et ses aléas, ses joies ses peines

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REFLEXION EN TRAIN ALGERIE

 

                                                                                                                                                                                                  

                                      ALGERIE  

 

 

                                    

                           REFLEXION EN TRAIN     ALGERIE 

                                           

 

Dans le train qui me ramène vers mon lieu de travail, mes pensées sont profondes en effet je redoute, des événements futurs inquiétants, je pense énormément à ce que l’avenir me réserve. Depuis quelques semaines à la Subdivision de Laon, nous recevions des  messages, faisant état de faits se déroulant dans ce Pays lointain.<o:p></o:p>

Que représente pour moi ce sujet.<o:p></o:p>

Depuis la Toussaint rouge ,des exactions ont eu lieu ,des attentats ,faisant des morts innocents ,des  répressions ,avec encore des victimes ,des bandits , qu’on appelle des partisans de l’Indépendance <o:p></o:p>

Égorgent des familles entières, étêtent, des enfants, violent les femmes, tuent le bétail et incendient les fermes ou les masures, mechtas, de pauvres paysans, qui n’ont d’autres ressources. <o:p></o:p>

Les militaires traquent ces Fellagas dans des montagnes difficilement accessibles ,recherchent des indices auprès d’une population apeurée ,fouillent des grottes qui servent de cache -d’armes ,de petits groupes sont détectés ,des  combats s’engagent ,des hommes meurent ,blessés achevés ,quelques rares prisonniers qui souvent  ne savent rien ,sont ramenés dans les cantonnements , pour y être interrogés<o:p></o:p>

Dans des conditions atroces.<o:p></o:p>

La nuit est  tombée et les innombrables gares se succèdent ,l’autorail s’arrête ,puis repart dans un immense bruit de ferraille ,à chaque passage à niveau la crécelle d’une sonnerie retentit et je roule , ballotté ,à demi endormi ,l’air d’une ritournelle dans la tête ,se confondant avec le nom -composé d’une petite gare dont  les syllabes font une musique  chantante avec le bruit des roues à chaque raccordement du rail.                                                                                         <o:p></o:p>

Plus de vingt gares entre Laon et Amiens<o:p></o:p>

En partant vers 18 h de Laon je n’arrivais pas à Amiens avant 20h45, ce qui fait que je n’avais plus de correspondance et je devais attendre le train postal Paris Lille qui s’arrêtait à Albert vers 0 Heure.<o:p></o:p>

Pour le retour c’était vers 11h30 que j’arrivais<o:p></o:p>

Pour prendre mon service pour 14h<o:p></o:p>

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J’avais tout ce temps pour réfléchir<o:p></o:p>

Le sergent des transmissions était déjà parti en Algérie, et avait été remplacé par un adjudant réserviste, un employé des eaux et forêts<o:p></o:p>

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Il m’a envoyé une lettre, tout en m’expliquant la situation, il me demandait d’aller retirer son argent placé sur un livret et de l’envoyer à ses parents. Il m’a fait un pouvoir et j’ai pu de ce fait lui rendre ce service.<o:p></o:p>

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La situation qu’il me décrivait n’était pas pour me rassurer<o:p></o:p>

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SA LETTRE que je recopie car le scan ne me permet pas de copier coller<o:p></o:p>

Cher vieux                          Descartes le 25/8/56    <o:p></o:p>

Tu vois ce jour pourquoi je t’écris! Mais plus tard. J'ai changé de coin comme tu peux voir et alors ici c'est le bled, 3 cafés qui ferment à 20h30, à part ça rien, on se fait ch...! Au plus haut point, aussi j'ai pris une résolution énergique ?...Je quitte l'ARMEE...oui comme ça, j'en suis écoeuré, il faut voir ça ici, c'est honteux! Aussi je retourne dans le civil prendre la succession de mon père qui commence à se faire vieux, et où au moins je pourrais agir à ma guise.. Et à la subdi quoi de neuf ? Toujours pareil, je commence à regretter les moments de la subdi, et la petite rouge où s'en est-il. Mariage ? Où divorce ?  Tu donnes le bonjour, et au bureau, et ainsi qu'à Henriette, les autres, il peuvent aller se faire cuire 2 oeufs pour le p'tit déjeuner, je lui est écrit à triple mettre, elle ne m'a pas répondu, qu'elle aille se faire voir. Bon passons, tu dois te dire, il me fait suer avec ses mandats, pour un, je me serais passé de toi mais il y a en trois à faire. Je t'explique : dans les 80.000, deux de 30.000 et un de 20.000, les 1000 c'est pour les frais, s'il reste quelque chose c'est pour toi. Voici le détail.
30.000  à Mr Casso.. Guy Rue du château Nerac                20.000 à Mame Luss.... route de Narareth Nerac      30.000  sergent Casso Ferdinand  63éme comp de Transmissions Descartes militaire ( dept Oran ) Algérie.
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Voila est-ce assez clair, je crois que oui, comme j'espère rentrer le 1er Octobre, j'envisage une assez bonne somme afin de trouver la traversée agréable, tu vois ce que je veux dire! Bon eh bien je vais te quitter_ excuse moi si je fais encore appel à toi, mais tu es le seul avec qui je peux correspondre et qui est mieux placé en tant que vaguemestre, et comme (je ne sais si c'est toujours pareil) tu ne sais quoi faire, cela t'occupera en quelques minutes. Dans l'attente de ton service qui je crois et j'espère sera le dernier (vu la quille). Reçois mes sincères amitiés et le bonjour aux autres ou fait également le bonjour de a/c Gerard a tous.          Ferdinand<o:p></o:p>

P.S Au cas dans les 1000 que je laisse pour les frais il n'y en a pas assez, prend sur les 30.000 que tu m'enverras<o:p></o:p>

< J’ai exécuté rapidement ses souhaits, et je n'ai pas pris un centime ><o:p></o:p>

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Je voyais passer les messages de rappel d’éléments détachés dans divers services.<o:p></o:p>

Cela n’allait pas tarder pour moi qui étais du 6éme régiment de Cuirassiers, détaché à la Subdivision militaire de Laon<o:p></o:p>

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Un artilleur de La Fère venait de nous rejoindre.<o:p></o:p>

Désigné pour l’Algérie, Il était déjà installé dans le camion avec ses camarades, quand un ordre est arrivé de descendre.<o:p></o:p>

 Marié père de deux enfants, ça n’avait pas été remarqué par la hiérarchie.<o:p></o:p>

C’est son épouse qui avait fait la démarche, car pour lui, pas question de ne pas partir avec ses copains.<o:p></o:p>

Il était du reste furieux de ce fait, mais il fallait bien qu’il comprenne que sa situation exigeait qu’il demeure en tant que chargé de famille, et aidé par les service sociaux de l’Armée.<o:p></o:p>

C'est remarquable que lorsque était communiqué un ordre de préparation au départ pour l'Algérie il y avait des réactions de responsabilités au niveau des familles que l'on devait quitter, mais en même temps, le fait de partir vers ces lointains horizons créait une émulation. Personne ne voulait laisser paraître son angoisse et une certaine euphorie provoquée par les nombreux verres vidés dans les mess, foyers ou les cafés et bars des villes de garnison, ne retomberait que lors de la permission exceptionnelle de 8 jours dite de départ AFN<o:p></o:p>

Il n'en était pas de même en ce qui concernait les rappelés, ces jeunes hommes qui avaient terminé leur service militaire, repris leurs activités civiles et que le gouvernement mobilisait et envoyait par trains entiers direction Marseille et Algérie . Les trains étaient arrêtés, le matériel dégradé. Dans certaines villes des manifestations de refus qui se sont terminées par des interventions des forces de sécurité. J'ai vu arriver des camions avec ces hommes sous escorte qui braillaient leur désapprobation, certains très atteints aux yeux par les lacrymogènes. Huit jours après, il restait des isolés que les gendarmes récupéraient et que l'on embarquait directement par avion.<o:p></o:p>

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