LUNE DE MIEL à REIMS
Ma chérie avait une semaine de congés, si j'arrivais à avoir une permission, peut-être pourrions nous partir ensemble . Pour celà il fallait que j'en parle au commandant, c'était dans le domaine du possible en fonction que le service le permettait. Cette permission me fut accordée, je la préparais et il la signa. Mais un problème, j'avais bien cette autorisation pour me rendre dans mes foyers, chose que je ne faisais pas, puisque nous désirions nous rendre à Reims, qui est une grande ville, proche et donc l'anonymat sauvegardé. Pas question de se mettre en civil, ce n'était permis qu'à partir du grade de sous officier, mais le problème en plus était que l'on n'avait pas le droit de sortir de ma subdivision militaire, il fallait donc que je ne sois pas contrôlé par une patrouille en gare ainsi qu'en ville. C'était courant que la police militaire à bord de leur jeep se déplace et interpelle les militaires, pour vérifier leurs papiers car la ville de Reims était une grande place de garnison.
Nous partons en fin de matinée avec un bagage léger et par un train qui nous mène à Reims vers les onze heures, afin d'éviter les patrouilles qui sont présentes le matin au retour des permissionnaires . Dans le train pas de problèmes, des soldats, mais américains qui se rendent également en ville, mais eux n'ont pas toutes ces choses contraignantes, quitté leur casernement ils sont en totale liberté et en civil .
Sur le quai d'arrivée je laisse descendre et la foule se diriger vers la sortie, et nous suivons d'assez loin, mais personne, en hall de gare, personne non plus. Alors nous pouvons sortir et de suite prendre par des petites rues à la recherche d'un hôtel pour y séjourner ces huit jours. Un petit établissement pas luxueux mais propre nous accueille, fiche remplie, je montre en plus ma permission pour ne pas que le gérant se méfie d'avoir des ennuis, le fait de mon domicile ne pouvait pas éveiller son attention car il n'y fit pas attention, surtout que je n'avais pas d'obligation de cette démarche. Il nous conduit à une petite chambre mansardée, ça suffira, et je le règle à l'avance, comme ça pas de problème ni de soupçons.
Le temps de remonter à la chambre elle s'était déshabillée et c'est nue qu'elle m'attendait et se jeta dans mes bras, m'aidant à me défaire à mon tour de mes vêtements et c'est complêtement nus que le lit recueillit nos corps enlacés, nos bouches unies par des baisers brûlants et nos mains cherchant à caresser le moindre espace de peau, donner et recevoir les plaisirs que l'amour procure.
Il fallait quand même penser à manger, pour ce faire nous sommes descendus et dans le rue, une petite épicerie nous a vendu quelques petites parts de fromage emballées, une baguette de pain et une bouteille de champagne. Il fallait s'organiser et nous sommes partis à la recherche un petit restaurant que nous avons trouvé du côté de cette porte romaine. Il fallait s'y rendre par les allées des jardins publics, là où il n'y avait pas de danger de rencontrer des patrouilles militaires.
Dans les rues en plus des éventuelles patrouilles, j'aurais pu être côntrolé par la gendamerie . Nous étions en période de guerre, celle d'Indochine venait de se terminer mais il y avait l'Algérie. Il y avait eu des troubles avec les rappelés qui créaient des difficultés, les CRS avaient du intervenir pour les récupérer et les conduire sous bonne escorte à un aéroport pour les embarquer de force, il y avait eu des échanges de coups, emploi de grenades lacrymogènes, et des blessés dont de graves atteintes aux yeux. les convois par trains arrivaient à Marseille avec de sérieuses dégradations . Alors un militaire dans la rue en pleine journée ça attire l'attention, en plus accompagné d'une magnifique fille blonde, un élément de plus de repérage.
Par ses allées des jardins c'était plus sécuritaire, ce petit restaurant n'était pas très cher, et nous nous contentions du plat du jour, ensuite nous regagnions notre mansarde en faisant bien attention de la sortie des jardins à la porte de l'hôtel qu'il n'y ait personne qui puisse nous dénoncer. Et nous ne sortions plus, ce qui faisait passer les journées à faire la sieste et nous aimer, et les nuits à dormir et nous aimer. C'était très agréable mais en situation de reclus comme des gens qui se cachent de la police, alors que nous n'avions rien fait de mal.
Simplement nous aimer.