Nous sommes de retour ce lundi matin et nous nous quittons, elle pour rentrer chez ses patrons et moi pour reprendre mon service, la séparation est difficile, mais elle sera de courte durée, un dernier baiser, et le petit tram prend sa lancée pour escalader la montagne couronnée. Reprise des activités sans problème avec de beaux souvenirs plein la tête, matinée normal, avec travail courant, quelques quolibets des collègues, admiration ou jalousie, peu importe.
Midi, les personnels sortent, et avant de refermer la porte, qui je vois près du rempart ?, mon amie et posée à côté d'elle une valise. Mais qu'est-ce qu'elle fait là à cette heure, et avec cette valise ? .Avant d'aller déjeuner en bas, je la rejoins. <Tu repars en congés chez toi? > < Non, je suis remerciée par mes patrons >.< Pour qu'elle raison ? comme ça, soudainement.? > <remerciée sans préavis > .Et là tu vas donc chez toi?< Non ce n'est pas possible, je ne rentre pas > <. Mais que vas-tu faire alors ? ou vas-tu aller? >.< Je ne sais pas, tout m'est égal >. < Bon là je ne suis pas libre, laisse ton bagage dans un café, je te rejoins après 17 heures on fera le point de la situation >.
Je la retrouve au café comme il était convenu et réfléchissons sur la situation, peu de possibilités à cette heure, il fallait parer au plus pressé, elle avait un oncle, retraîté du chemin de fer, qui habitait dans une cité pour cheminots dans la ville basse derrière la gare. Un accueil asez froid, je voyais bien que l'on dérangeait, et après avoir expliqué la situation, nousavons droit à une leçon de morale, du genre que c'est bien de s'aimer, mais qu'il faut réfléchir avant d'agir, ce que je ne pouvais contester, mais par contre que je n'étais pas responsable de cette situation. Il accepte enfin de la loger pour la nuit, tout en faisant comprendre que cette situation ne pouvait perdurer.
Je quittais pour remonter sur le plateau sur ces paroles, et soucieux de résoudre ce problème, mais comment? La première solution étant de trouver un logement dans l'urgence, mais pas de possibilités ce soir, il me fallait attendre demain.
Les chauffeurs civils me voyant soucieux m'en demandent la raison, je leur explique la situation. Après réflexion ils me conseillent un petit hôtel qui loue des chambres meublées, en bas de Laon, à Semilly où il y a la caserne du train automobiles, que je connaîs bien, car c'est là que nous allons chaque mois chercher notre maigre rémunération ainsi que la dotation en tabac et cigarettes. Mais je n'ai pas d'argent en ce moment pour ces dépense. Par de problème, on va t'en prêter, tu nous rendras quand tu pourras . Quand je pourrai, ce n'est pas évident. Mais il faut parer au plus pressé, alors entre midi et quatorze heures, je descends par un chemin qui serpente au milieu des broussailles, et j'arrive à cette établissement.
La chambre n'est pas luxueuse mais propre et possède le minimum pour la toilette et pour y vivre. Une fenêtre donne sur la placette devant l'établissement, pour l'entrée et sortie, c'est un couloir, donc pas d'obligation de passer par le bar où des militaires américains de la base de Couvron oublient dans le wisky et la bière, leur éloignement, du reste les chambres meublées sont occupées par des jeunes femmes qui vivent en concubinage avec ces militaires. J'accepte les conditions de location, je paye à l'avance comme c'est demandé, et me voilà loueur d'un meublé .
Demain je téléphonerai chez ses patrons pour tirer cette affaire au clair
Plusieurs jours avant d'obtenir un rendez-vous, réception fraîche au salon, le motif est celui que je prévoyais. Des personnes bien intentionnées avaient mis au courant de ce qu'il avaient vu derrière leurs rideaux. C'est un fait qu'un militaire dans une cité pavillonnaire à 6 heures du matin, vient de terminer sa nuit, et de chez qui? au domicile de ces braves gens qui sont partis en vacances et qui ont trop confiance, la meilleur preuve c'est qu'elle a été trahie par la conduite de cette fille facile à leur service.
Le ton supérieur et la morgue de ce petit cadre fonctionnaire était déplaisant au possible < je ne fume pas de troupes, moi monsieur > ces cigarettes étaient la dotation mensuelle des militaires, du tabac bon marché mais il fallait s'en contenter. Mais Nicole en fume, puisque je lui en offre, pas de grandes possibilités de discussion, la cause étant entendue. La seule chose obtenue est les indemnités dues, et encore sous la pression de sous entendus de poursuites. Ce qui n'aurait pas été facile dans nos situations et pour une somme aussi minime.